Le 15 avril 2026, la DGAMPA a réuni la communauté maritime autour d’un sujet clé pour l’économie bleue : les drones maritimes et les navires autonomes. Labellisée Journée de l’Innovation Maritime, cette rencontre a rassemblé acteurs publics, industriels, chercheurs, sociétés de classification, organisations professionnelles et porteurs de projets. Introduite par Éric Banel, directeur général de la DGAMPA, et Marc Léger, en présence de Philippe Berterottière, président du Comité Stratégique de Filière des Industriels de la Mer, la journée a été conclue par Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche. Marie Thabard, présidente du CORIMER, y a porté la voix d’une filière engagée dans l’innovation et la souveraineté technologique.

Les échanges ont pour objectif de faire dialoguer réglementation, usages et innovation. Les drones de surface ou sous-marins, téléopérés, semi-autonomes ou autonomes, ne relèvent plus seulement de l’expérimentation. Ils ouvrent déjà des perspectives pour l’hydrographie, la bathymétrie, l’océanographie, l’inspection d’infrastructures, la surveillance environnementale, les énergies marines renouvelables, la sécurité maritime ou la défense.

La réglementation n’est donc pas seulement une contrainte. Elle devient un levier de confiance. Ces technologies ont besoin de règles lisibles sur l’enregistrement, l’identification, la sécurité, l’exploitation, la prévention de la pollution, la gestion des risques et la formation des opérateurs. La France s’est dotée d’un cadre pionnier, avec un premier registre dédié aux drones maritimes et une contribution aux travaux internationaux sur le code MASS. L’enjeu est d’éviter la fragmentation des règles, de garantir la sécurité en mer et de donner aux industriels français un avantage compétitif.

Les échanges ont été structurés autour de deux tables rondes. La première a interrogé le rôle de la réglementation nationale : frein ou accélérateur de l’innovation ? Les discussions ont montré qu’un cadre agile, construit avec les industriels, les syndicats, les sociétés de classification et l’État, peut réduire l’incertitude et faciliter les essais. La seconde a posé une question d’usage : révolution ou simple évolution technologique ? Les interventions ont souligné une transformation progressive des missions en mer : opérations plus longues, plus précises, plus sûres et mieux documentées, sans exclure l’humain, dont le rôle évolue vers la supervision et la décision.

L’après-midi a mis en lumière des pitchs d’entreprises soutenues par les dispositifs CORIMER et un panorama de la recherche française. Les projets du Shom et de l’Ifremer, avec Exail et ALSEAMAR, ont illustré la co-construction entre besoins opérationnels, capacités scientifiques et innovations industrielles. La signature d’un nouvel arrêté technique sur la formation des opérateurs a marqué une étape importante pour professionnaliser les usages.

Cette journée confirme que l’autonomie maritime n’est plus un horizon lointain. En soutenant près de vingt projets sur ces thématiques via ses appels à projets et appels à manifestation d’intérêt, le CORIMER contribue à faire émerger des solutions fiables, exportables et utiles à l’économie bleue. Son rôle est essentiel : orienter l’innovation, faire dialoguer public et privé, rapprocher recherche et industrie, et accompagner le passage de l’expérimentation à la mise à l’échelle. Pour la filière navale française, ces technologies représentent une opportunité majeure : mieux connaître l’océan, sécuriser les opérations et ouvrir de nouveaux marchés.